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Les mots
Les mots, c'est censé nous permettre de communiquer. De mieux nous comprendre. De partager nos pensées. De les objectiver, même, et de les faire passer de l'intériorité à l'extériorité (rahaha, sacré Hegel quand même!).
Tu parles! comme d'hab, mon cours de philo, c'est n'imp!
Les mots, c'est comme un gouvernement après un referendum raté, une crise des banlieues, une révolution sociale et une affaire Clearstram
Comme un gamin qui voudrait vider la mer avec un gobelet en plastique
Comme un 1er ministre du Honduras qui s'insurge contre les violations des droits de l'homme en Sierra Leone
IMPUISSANTS. RIDICULES
"Salut". "Salut" "Ca va?" Oui et toi?" "Bien."
"Mmmh, c'était pas bon à la cantine à midi." "Ouais, et en plus ce soir, c'est beuf carottes"
Nan mais vous appelez ça communiquer?
C'est pas faute d'avoir des choses à dire, pourtant. Au contraire, ça grouille de partout dans ma tête, mon cerveau il est trop petit pour tout contenir. Même que c'est pour ça que j'ai tout le temps mal à la tête. Ouais, le ptit déj à l'aspirine, le repas au Paracétamol, la soirée à l'Efferalgan (et la chicha-aspirine... ;) ) c'est la preuve que ma productivité horaire en points d'interrogation, elle est démentielle.
Mais pourquoi on les pose jamais, les bonnes questions, alors?
Pourquoi on demande toujours "T'as ton livre d'espagnol?" et jamais "tu penses quoi de l'attitude occidentale face au Hamas?"
Pourquoi toujours "t'as passé un bon week end?" et jamais "Est ce qu'à ton avis on peut aimer plusieurs personnes en même temps, genre amours contignentes?"
Pourquoi toujours "Tu le passe quand, ton permis?" et jamais "Et tu voudrais faire quoi de ta vie?"
Le sophisme des temps modernes, c'est la superficialité.
Alors, pardonnez moi si j'utilise les mots comme des barrières, comme un mur de protection mental...
Le siège économique et politique de la Palestine se poursuit. Les pharmacies de Ramallah sont vides, les fonctionnaires n’ont pas été payés, la crise sanitaire et humanitaire s’annonce, inexorable.
L’Union Européenne a reconduit pour 6 mois les mesures prises en octobre 2005 contre le régime d’Islam Karimov en Ouzbékistan : embargo sur les ventes d’armes et interdictions de visas pour 12 hauts responsables. « Tremblez dictateurs ! Corruption, fraudes électorales, arrestations arbitraires, censure, persécution des militants des droits de l’homme, nous on répond… en vous supprimant vos visas ! »
Bush veut déployer 6000 soldats à la frontière du Mexique. La Garde Nationale sera mobilisée pour militariser la frontière et lutter contre le nouveau Public Enemy : l’immigré. Alien enemy, d’autant plus dangereux qu’il ose risquer de prendre la parole…
L’Irlande du nord ne se réconcilie toujours pas avec elle même. Paisley refuse de devenir premier ministre, et réaffirme ne pas faire confiance ai Sinn Fein malgré le désarmement de l’IRA. Les violences religieuses se poursuivent, et comme aucun compromis ne semble en vue, c’est l’autonomie irlandaise qui est menacée…
Sans surprise, la motion de censure a été repoussée à l’Assemblée nationale, Villepin en sort indemne, mais même les députés UMP ne font plus confiance au gouvernement. S’il a encore des réformes impopulaires ou des scandales à déballer, qu’il le fasse maintenant, sa cote de confiance ne peut plus guère continuer à baisser …
L es députés ont adopté mercredi par 367 voix contre 164 le projet de loi sur l'immigration présenté par le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy, contesté par l'opposition, des groupes de défense des droits de l'homme et les Eglises chrétiennes. No comment.
Fabius veut être candidat à l’Elysée pour redresser la France. Un an avant le scrutin et à six mois du vote du PS, l'ancien Premier ministre a présenté mercredi à Paris son équipe de campagne s'il est investi par les militants. Il part en bataille, parce qu' "il connait la gestion d'un grand pays". Génial, voilà l'Homme providentiel.
Fermer le journal. Fermer la radio, l'ordi, la télé. Barricader mes oreilles? Vos gueules, foutez moi la paix, je veux pas le savoir.
PhRaSe cUlte
" O n n e n a î t p a s f e m m e ,
o n le d e v i e n t "
Simone de Beauvoir, Le Deuxième Sexe, 1949.
Les hommes viennent de Mars, les femmes viennent de Vénus. Les hommes sont faits pour conquérir, les femmes pour être aimées. Les hommes sont rationnels et raisonnables, les femmes sensibles et passionnées. Les hommes ne savent pas communiquer, les femmes ont besoin de parler. Elles sont instables, de vraies « machines à souffrir » comme disait Picasso. Eux sont fiers, solides et protecteurs, c’est bien connu.
Et pourquoi ? C’est tout bête : pour Platon, l’homme comme la femme ont dans le corps une sorte d’ « animal fou ». Mais l’homme, lui, peut l’évacuer, car il a la chance de posséder un « tuyau » prévu à cet effet ! Ce qui n’est pas le cas de la femme, d’où ses humeurs et sa sexualité instables… (sic)
Mouais. Au fond, de Platon à Freud, d’Hérodote à Aristophane, comment croire des mythes venus d’hommes, transmis au long des siècles par des sociétés patriarcales ? Sexe faible contre sexe fort, c’est trop facile, messieurs !
Vous caricaturez la femme, vous l’enfermez dans des généralités simplistes pour éviter d’avoir à la comprendre dans sa singularité, son individualité…
La féminité n’est pas inscrite dans les gènes. Les valeurs et les rôles attribués à chacun des genres sont le produit culturel et conventionnel de nos sociétés phallocratiques : « on ne nait pas femme…On le devient. »
C’est pas un hasard si on offre des Barbies aux petites filles et des robots Power Rangers aux petits garçons. Pas un hasard si on colle ces demoiselles devant la télé à regarder Blanche Neige vaquer à la lessive, à la cuisine et au ménage pendant qu’on exalte devant leurs petits frères la virilité de super héros qui protègent notre faible monde de toute agression extraterrestre. Rose pour les unes, bleu pour les autres, et le tour est joué.
Pour 56% de l’humanité, ce sera « oui papa, oui patron, oui chéri ». Reproductrices, domestiques, dévoués à l’assouvissement des besoins sexuels d’un mâle. Epouses et mères, toujours, sous la protection d’un homme, sans valeur sociale propre. Kinder, kuche, kiche.
Pourquoi, comment cette domination a t elle pu perdurer tout au long de l’histoire de l’humanité ? Peut être parce que notre rapport aux hommes, au fond, c’est le syndrome de Stockholm : l’amour de la victime pour son bourreau…
"Le privé est politique".
! Libération !
Pour information (ouaou mon blog va bientôt concurrencer l’AFP) je vous fait partager le fruit de mes lectures sur la loi CESEDA
Il y a eu une première loi Sarkozy sur l’immigration votée le 26 novembre 2003 (plus fort que Pasqua, le petit Nicolas !). Tous les décrets d’application ne sont, à l’heure actuelle pas signés, mais le bilan est très largement négatif : -certes, cette loi réformait la double peine, mais en réalité il ne s’agit pas d’abolition : elle se contente de créer des catégories « protégées » extrêmement limitées.
-cette loi n’a pas plus permis la maîtrise des flux migratoires que résolu les problèmes des sans papiers, et encore moins de l’intégration (comme l’ont montré les violences dans les banlieues). De nombreux effets dévastateurs sont à souligner : arrestations massives et aléatoires dans certains quartiers, enfants en rétention, placement en rétention à répétition de personnes non reconductibles, etc.
Il est clair qu’en faisant voter une nouvelle loi sur l’immigration, Sarkozy cherche à s’affranchir du bilan de la loi 2003. Mais la proximité des élections présidentielles le pousse également à chercher à propulser l’immigration comme thème de campagne, en jouant sur une rhétorique xénophobe qui l’amène, une fois de plus, à chasser sur les terres du Front national.
Principales mesures :
Contre l’immigration subie
Pour retrouver une maîtrise quantitative des flux migratoires, un système de quotas est institué : le Parlement votera des objectifs chiffrés sur 3 ans, selon 3 catégories (emploi, études, familles), en fonction des capacités d’accueil et des besoins économiques de la France.
-Abrogation de la régularisation de droit après 10 ans.
Il ne sera plus possible d’obtenir une carte de séjour « vie privée et familiale » après 10 ans de résidence en France. Cette procédure, déjà très compliquée dans les faits, ne concernait que 3000 personnes par an (il s’agit donc plus d’un effet d’annonce que d’une réelle mesure). Sa suppression est censée permettre de lutter contre l’immigration clandestine. Vous imaginez avoir vécu en France pendant 10 ans, vous avez toute votre famille, vos amis, ici, en un travail et tout, et hop, du jour au lendemain, retour à la case départ… ?
Il est également question de la suppression du droit à la carte de résident après 10 années de séjour REGULIER (une mesure qui n’a rien à voir avec la lutte contre l’immigration irrégulière).
-L’intégration.
L’article 4 de la loi prévoit que tout étranger admis en France pour la 1ere fois et souhaitant y rester durablement doit signer un contrat d’accueil et d’intégration. Celui ci inclut :
-une formation civique. (présentation des institutions et valeurs de la République… La loi insiste sur l’égalité entre les hommes et les femmes, jouant encore une fois sur des sous entendus xénophobes).
-une formation linguistique (diplôme à la clé)
-un bilan de compétences professionnelles si nécessaire.
Pour un étranger sollicitant une carte de résident de 10 ans, l’article 5 prévoir d’évaluer son degré d’intégration en se basant sur le respect des principes de la République et sur le niveau de connaissance de la langue. Le maire peut être consulté sur ces conditions d’intégration (ça aussi, bonjour les dérives, l’arbitraire, l’injustice !)
-Réduction de l’immigration familiale.
LE MARIAGE
Les conditions d’appréciation des liens personnels et familiaux pour obtenir une carte « vie privée et familiale » sont durcis.
Pour obtenir une carte de résident, il faut, en plus des conditions d’intégration (art 5, voir ci dessus), une durée de séjour régulier de 3 ans (au lieu de 2). Sarko veut marier les blancs avec les blancs. On mélange pas les torchons et les serviettes…
Dans le cas d’un mariage conclu entre un ressortissant français et un étranger, toute rupture de la vie commune entraîne la suppression automatique de la carte de résident du conjoint étranger (c’est quoi, ça, un droit de répudiation ?)
Enfin, alors qu’auparavant, après 2 ans de mariage, le conjoint étranger était protégé contre les mesures de reconduction à la frontière, ce délai est porté à 3 ans.
LE REGROUPEMENT FAMILIAL (mesure de Chirac en 76, tiens, c’est marrant tout le monde a oublié on dirait…)
La loi prévoit l’allongement du délai préalable au dépôt d’une demande de regroupement familial (qui passe de 1 an à 18 mois).
L’article 31 exclut du regroupement familial les plus précaires : les « conditions de ressources exigées », correspondent désormais au SMIC, sans que soient pris en compte les minima sociaux. Les précaires ont pas droit au PACS, pas droit au regroupement familial…et on se plaint qu’ils rencontrent des problèmes d’intégration ?!
Pour l’immigration choisie
En réalité la gestion des flux migratoires par métier et bassin d’emploi existe depuis belle lurette au niveau réglementaire. Avec de fait des quotas implicites communiqués aux consulats.
LES ETUDIANTS
Avant ce projet de loi, il y avait déjà eu une circulaire qui durcissait les critères de sélection des étudiants (projets d’études, compétences linguistiques, relations de la France avec leur pays d’origine…)
Avec la loi Ceseda, les formalités administratives sont facilitées pour les plus diplômés des étudiants étrangers. Par exemple, ceux dont la carte de séjour temporaire arrive à terme et qui poursuivent des études en vue d’un master pourront obtenir une carte de séjour de 3 (ou 4) ans.
Les étudiants de niveau master ou plus pourront obtenir une autorisation de travail de 6 mois à la suite de leurs études. S’ils ont trouvé un emploi à l’issue de ces 6 mois, ils pourront bénéficier d’une carte de séjour d’un an renouvelable. On conserve les meilleurs étudiants, et on jette ceux qui n’auront pas fait preuve (au bout des 6 mois) de leur employabilité.
LA CARTE « COMPETENCES ET TALENTS »
Les titulaires potentiels de cette carte sont définis de manière très vague par l’article 16 : il s’agit « des étrangers susceptibles de participer de façon significative et durable au développement économique ou au rayonnement, notamment intellectuel, culturel ou sportif, de la France ou de leur pays d’origine ». Cette définition laisse donc une large place à l’arbitraire.
La carte « compétences et talents » est valable 3 ans et renouvelable, elle dispense d’un certain nombre de formalités et d’obligations administratives. Elle donne plein droit à la carte « vie privée et familiale » pour les membres de la famille du titulaire…Ben voyons, on réduit la fracture sociale comme promis : les plus diplômés ont des droits que n’ont pas les autres. Voilà le beau principe de l’égalité des droits remis au goût du jour par notre cher Sarko…
L’immigré jetable
LES TRAVAILLEURS TEMPORAIRES (ceux bénéficiant d’un CDD)
A la base, Sarko rêvait d’une carte d’une durée de 18 mois maximum, non renouvelable, retirée en cas de rupture du CDD. Problème, ça faisait un peu trop CPE, et ça, c’est pas bon par les temps qui courent.
Donc, dans la version actuelle de la loi, cette carte est renouvelable jusqu’à fin du contrat, sans retrait automatique en cas de licenciement. Cela reste dans la perspective d’une immigration jetable : le contrat de travail terminé, le travailleur repartira automatiquement dans son pays.
LES TRAVAILLEURS SAISONNIERS
Ils bénéficieront désormais d’une carte de séjour temporaire valable 3 ans. Ils devront maintenir leur résidence habituelle hors de France et ne pourront travailler plus de 6 mois sur 12 (et le reste, ils travailleront au noir).
Déjà exploités, les travailleurs saisonniers rentrent donc dans une logique de dépendance vis à vis de leur employeur (s’ils dénoncent leurs mauvaises conditions de travail, ils risquent de perdre leur emploi ET leur carte de séjour…)
231. Si, si, jte jure, j’ai fait la moyenne : environ 231 fois par jour, on nous bassine avec le BAC.
« dans un mois… » « si vous tombez sur ça au bac… » « le jour du bac.. » « dans une copie de bac… » « alors le bac ? » « plus qu’un mois avant le bac… » « cette année au bac… » « c’est pas moi qui passe le bac à la fin de l’année, einh, Eve, c’est toi ».
Le pire, je crois, c’est les « ohohooo t’es toute blanche. Faut pas te détruire la santé à réviser, tu sais ». Là, je culpabilise. Si je suis toute blanche, c’est parce que je viens de me descendre une bouteille de Gin, à l’étang, avec les filles, les doigts de pieds en éventail au soleil… plutôt que de rester enfermée à fixer mes cours de philo d’un regard bovin…
Pfff…
Mon cours de latin, c’est du gruyère, avec plus de trous que de gruyère. Ptêtre que j’aurais dû aller en cours de temps en temps. Mais bon, ça aurait pas changé grand chose (méthode Coué) : ce prof, je capte rien quand il parle, y a un mot sur trois tu le trouve même pas dans le Littré. Le pire, c’est quand il fait de l’humour : « oui, c’est comme la catabase d’Enée dans l’eschatologie virgilienne, mouahahahahaha ». Dans ces moments là, je me sens vraiment conne, moi qu’ai lu qu’un seul livre dans tout ma vie, et encore c’était un OuiOui (comme dirait gad)
Et puis y a l’éco, putain, 17 chapitres à avaler, miam. Un peu indigestes, les courbes, les graphiques, les calculs, la baisse tendancielle du taux de profit, les régimes de change, le théorème des dotations factorielles. Surtout que, je sais vraiment pas pourquoi, mais quand je lis un truc du style « la flexibilisation du marché du travail permet de relancer l’emploi », ben ça passe pas. J’ai des problèmes de digestion, et même le Smecta peut plus rien pour moi.
Le pire c’est la géo. Y a des cratères dans mes cours, et…
… quoi ? je ferais mieux de m’y mettre au lieu de me lamenter ?
Et puis quoi encore ?
Tssss….
Et le droit d’envoyer chier Suétone, Ricardo, Hegel et tous leurs potes ?
Et le droit de passer la semaine de révisions dans mon hamac pour profiter de l’été ?
Et le droit de me dire tous les jours « demain, je commence mes révisions…enfin, peut être, on verra » ?
Et le droit de faire la fête « une dernière fois, nan promis juré craché, dernière des dernières fois, après je sors plus, je bosse, si, si, pour de vrai » ?
Et le droit de se coucher à 9h10 les soirs où, à l’internat, tout le monde planche sur sa philo jusqu’à une heure du mat ?
Et le droit de ne pas savoir, à un mois du bac, quelle est la primitive de x puissance n ?
Faudrait les inscrire dans la Constitution, dans la Charte de San Francisco (oui, celle du 26 juin 1946, c’est le seul chapitre que j’ai révisé), dans la DUDH !
GLANDEURS DE TOUS LES PAYS, UNISSEZ VOUS !!!
photo: glande party, so sweet memories
Quand je pense à toi, mon cœur c’est comme une salade dans une essoreuse à salade.
Quand mon portable vibre, j’ai un sourire qui s’agrippe à mes lèvres, parce que je sais que c’est pas un texto de SFR Info, mais de toi.
Quand je dis des trucs pas drôles, t’es là pour rigoler quand même.
Quand je suis pleine jusqu’à ras bord de haine et de violence, tu sais toujours trouver le trou d’évacuation.
Quand j’ai peur du noir, quand j’ai pas envie de dormir, t’es là contre moi, et tu me rassures bien mieux que mon bon-vieux-Nounours-qui-perd-ses-poils.
Quand je réclame à corps et à cris un monde plus juste, tu fais tout pour me l’offrir à Noël, sous le sapin, dans un beau papier cadeau brillant.
Quand je pleure devant le journal de TF1, t’as toujours du mercurochrome pour soigner mes plaies d’écorchée vive mentale.
Quand j’ai le vertige de la vie, tu me tiens la main pour pas que je me pète la gueule.
Quand t’es pas d’accord avec moi, t’as toujours de mauvais arguments, et en plus à la fin, tu finis par faire semblant de te rallier à mon opinion.
Quand j’entend des chansons d’amour à la radio, j’éteins plus le poste d’un geste rageur : finie cette époque-là.
T’es comme le Prince Charmant, tu sais, d’ailleurs tu m’emmènera sur ton beau cheval blanc, ou sur ta moto rouge comme tu veux, loin, très loin, à travers l’Amérique latine, c’est promis.
Mais quand même mon chéri, t’as un petit défaut, alors le prend pas mal je t’en prie mais…
…Tu voudrais pas exister s’il te plait ???
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Le pire dans les moments comme ça, c’est la bonne copine (maquée, elle, bien sur), qui t’appelle pour te dire « c’est bien le célibat, profite ! ». Avec des arguments qui puent le « j’ai bien potassé le dernier Jeune et Jolie ». Du style :
« Ouais, mais au moins, tu peux passer des aprèm dans ton lit, à bouffer du chocolat, lire Glamour et écouter tes vieux, vieux CD bien ringards, genre Céline Dion… » (mouais)
« Et puis tu peux déclarer une trève dans la Guerre des Boutons, et renoncer à engager un 327e épisode de la Guerre des poils, et arrêter de privatiser la salle de bain. C’est ton frère qui va être content ! » (encore mouais. Mon frère, il s’en tape de la salle de bain, il se lave pas).
« Et euh, tu peux mater les bogosses dans la rue (je te rappelle que j’habite à Toucy) et choisir le film qui te plait quand tu vas au cinéma (sauf que j’y vais pas) »
« En plus, comme ça, t’es une nana libre, et indépendante, t’es pas accro à rien ni à personne, tu fais pas des crises de manque pour un rien » (et le Milka noisette, t’en fais quoi ? comme addiction on fait pas pire…)
OK ? alors laisse moi déprimer en paix s’il te plait. ;-)
Un jour j’écrirai un roman sur ma vie. Avec que des trucs certifiés 100% conformes et véridiques (même que c’est vrai en plus), sauf les noms que je changerai pour pas que mes fans pourchassent les gens dont je parle.
Ptêtre que ce sera un roman à l’eau de rose, rédigé entièrement avec des mots de moins de 2 syllabes, un roman pour ados en manque de sentiments dégoulinants et de psychodrames romantiques, avec moi en blonde à forte poitrine, et je raconterai mes déboires amoureux, et la fois où jme suis fait larguer et que je l’ai appris par la meilleure amie de mon mec-an. Nan, mais jte jure-an, tous des connards. Dans ce bouquin, y aura en intégralité tous mes dialogues percutants avec ma meilleure amie. « Jlappelle, tu crois, ou j’attend qu’il m’appelle ? Nan, sérieux, je psychote, là-an ». Et tous les chapitres finiront sur des suspens de ouf, du genre : mais va-t-elle sortir avec Brian ? Et puis y aura des coups de théâtre, des trucs hallucinants, même le lecteur, ils sera comme moi, il comprendra quedalle : on croira que je suis digue de John, et puis hop, tout d’un coup, sans explications, je me retrouverai avec Leo. Ouais, et y aura aussi des scènes d’un romantisme totalement absolu, grave hallucinantes, genre des baisers-sur-la-plage-sous-les-étoiles. Mon roman, il paraitra comme feuilleton de l’été dans Glamour, tellement il sera d’une cucu-itude de ouf. Mais à la fin, l’histoire se finira avec moi en vieille fille désabusée, aigrie et désillusionnée, Bridget Jones éternelle, le genre de fille aux jambes bien poilues sous son pantalon…
Mouais, bof. Ou alors ce sera un roman d’action, des carnets de voyage. Il s’appelera « Sur la route 2 » et on saura jamais la route de quoi, d’où à où, parce que ma vie ce sera un voyage de ouf qu’on saura même pas où est-ce qu’il commence et où est-ce qu’il finit. Je raconterai la fois où, à 10 ans, je me suis ensablée avec mes parents dans le Sahara, et j’ai cru que j’allais mourir…mais (petit suspens), alors que je pensais que j’allais mourir, à bout de forces après au moins une heure et demi d’attente,(gros suspens), j’ai été sauvée par des Touaregs qui m’ont emmené sur leur chameau jusqu’à l’oasis la plus proche. Y aura aussi d’autre épisodes, comme la fois où j’ai croisé des baba cool japonais en vélo dans l’aéroport international de Francfort à 3h du matin (et j’avais même pas bu). Ou encore ma grave panne de dentifrice, qui m’arriva dans un petit village perdu dans la forêt Amazonienne, à 3 jours de pirogue de Saint Laurent du Maroni (en Guyane pour les zincultes). Ouais, mais ce roman, ce sera tellement un truc de ouf, que personne me croira. Les lecteurs ils m’accuseront de me la péter et tout, alors que ben d’abord un roman autobiographique c’est FAIT POUR se la péter, et ensuite c’est que des trucs qui me sont arrivés EN VRAI. Et ça me vexera tellement qu’à la fin du roman, je rangerai ma valise, jme marierai avec un expert comptable et j’irai habiter un petit pavillon tout mignon dans la banlieue d’Auxerre. Na. Crédible, ça, par contre.
Quand même, ça craint. Peut être que mon roman autobiographique, il s’appelera « je me révolte donc je suis ». Ouais, ça déchire comme titre. En plus, Camus il pourra même pas me faire un procès pour plagiat vu qu’il est mort (eh si !hélas ! il est mort ! ça me rend toujours triste de dire ça). Et en personnage principal, y aura moi, en Dora, ma vie en Juste. Ma rebellion totale et inconditionnelle contre ce monde de merde. Moi, crachant sur tous les compromis, pourfendant tous les préjugés, bravant tous les dangers pour défendre la Justice. Action directe, même qu’à cause de ça je passerai de longues années en prison. Poser des bombes, faire tomber des murs, dresser des barricades et exploser des frontières virtuelles par quelques mots assassins. Je sauverai la Terre de sa destruction annoncée et l’humanité du capitalisme et même de sa misère existentielle. Je sais pas encore trop comment, mais j’y réfléchis. Je libérerai le prolétariat de ses chaînes, et puis enfin, « hecho, pan, trabajo, salud, education, justicia, independancia, democracia, libertad, para todos ! » comme le disait le sous commandant Marcos (que je rencontre à la page 234 du bouquin, d’ailleurs). Je changerai le monde. Pas complètement quand même, puisqu’à la fin, je meurre sur une barricade.
Je sais pas trop à quoi ressemblera mon roman…T’en penses quoi ?
Samedi après midi, centre ville. Des familles avec des enfants surexcités qui se battent pour un petit carré de pelouse vert fluo dans un parc de centre ville. Des fashion victims surmenées par leur aprèm shopping dans les boutiques branchées. Des ménagères de 50 ans quelque part dans leur course effrénée entre le supermarché et les gosses à aller chercher à l’école. Des jeunes cardes qui consomment pour oublier qu’ils se font chier dans la vie. Mais ils courent, tous, ils n'ont pas une seconde à perdre.
J’ai envie de leur dire, stop, putain, mettez-vous en pause, sur boîte vocale, sur OFF, en stand by, je sais pas, mais arrêtez deux minutes.
Regardez le ciel. Pas pour compter les étoiles. Pas pour vous demander s'il fera beau demain pour votre barbecue. Pas pour faire genre "je suis romantique". Débranchez vous un instant de votre petite vie tranquillement vide de sens. Regardez le ciel, et cherchez l’astéroïde B612. Demandez-vous, juste 30 secondes, demandez-vous si le mouton a mangé la fleur. Vous verrez comme tout change.
Ton silence.
Ton silence, c’est pas un silence comme avant, un silence deep-in-zi-eyes, qui veut tout dire. C’est pas non plus un silence comme ceux dont je me fous, genre c’est pas grave si ils se taisent, puisque de toute façon ils n’ont rien à dire.
Ton silence, c’est le genre de silence qui bourdonne quand je regarde mon téléphone dans le blanc des yeux. Le silence quand je t’appelle, tu sais, le silence derrière le « vous êtes bien sur mon répondeur… ». Ton silence, il grimace, il suinte la peur, le malaise. Tu vois, c’est un silence SFR, le genre qui pourrait s’appeler « 17 appels en absence » si on donnait des noms aux silences. Un silence qui fait psychoter. Sérieux. Parce qu’il a beau se taire, je sais bien ce qu’il a derrière la tête. Sur le bout de ses lèvres translucides. Un « faut qu’on parle de nous deux ». Un « c’est fini », même, peut être. C’est bizarre, quand on y pense, un silence qui ne demande qu’à parler.
Face à ton silence, ton absence trop bavarde qui donne mal à la tête, je voudrais bien partir. Ne pas rester là, le cœur battant devant mon portable. Ouais, tu sais, partir, me barrer quoi, genre ailleurs y aura pas de silence sur ton répondeur. Alors je part, je part marcher dans la rue, mais ça marche pas. Même dans le bruit des voitures, et des passants, même dans les klaxons et la musique agressive des magasins, ton silence il est toujours là, à grimacer, à me pincer, me griffer, m’écorcher les oreilles.
Ton silence, c’est un anti-mots. Tu t’imagines qu’un silence est toujours neutre, qu’un silence ne peut pas être méchant. C’est vrai, c’est pas comme les mots: jamais il me foutra une baffe, ton silence. Mais il est sournois et hypocrite, et il me fait bien plus mal que ça…
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